Patrimoine

Un cadre naturel remarquable :

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Au fil des sentiers…

La commune de Quistinic se caractérise par un relief accidenté. Trois plateaux se distinguent, séparés par des dépressions parcourues par le Brandifout, le Sebrevet ou encore le Blavet qui forment par ailleurs les limites la commune. Les cours d’eau sont nombreux sur le territoire ; à l’origine de nombreux vallons ils prennent parfois l’aspect de cascade comme au sud de Poul-Fetan.

Outre ce relief compartimenté, la commune possède une couverture forestière importante évaluée à environ 30 % du territoire. La commune n’a pas subi le remembrement, le paysage de bocage caractérise le territoire agricole. L’ensemble est parcouru par un réseau de chemins creux très dense, ce qui en fait un terrain de jeu idéal pour tous les amoureux de la nature.

 

Au détour d’un chemin… (photo de Jean-Pierre Subil)

Le patrimoine religieux

Comme Alain Croix, historien rennais, on peut qualifier la période qui s’étale du milieu XVe siècle au XVIIème siècle d’ « âge d’or de la Bretagne ».

La chapelle du Notre Dame du Cloître, XVIIe siècle
La chapelle de Notre Dame du Cloître, XVIIe siècle

La prospérité bretonne s’appuie alors sur une intense activité commerciale notamment avec les Flandres, l’Angleterre, le Nord de l’Espagne et repose essentiellement sur la vente des toiles. La flotte commerciale bretonne est alors en pleine expansion et la construction navale se développe nécessitant une exploitation forestière qui concerne davantage l’intérieur de la Bretagne.

ä côté des productions de lin et de chanvre (plantes utilisées dans le textile), une agriculture vivrière se maintient et concerne une grande majorité de la population.

Cette période de prospérité économique s’est concrétisée sur nos territoires par l’édification d’une multitude de bâtiments religieux. Si les plus célèbres d’entre eux sont élevés en Basse Bretagne avec les fameux enclos paroissiaux, il n’en reste pas moins que le Morbihan se couvre aussi de chapelles.

Chapelle de Locmaria

ä Quistinic, ces chapelles sont au nombre de sept. Elles sont de taille relativement modeste, hormis celle de Locmaria (XV-XVIe) où l’on retrouve des éléments d’architecture du gothique flamboyant ainsi que quelques décors de type renaissance sur la façade ouest.

 

La statuaire présente à l’intérieur des différents édifices nous ramène aux principales préoccupations de cette époque, à savoir des saints que l’on invoquent pour protéger les animaux (Saint Cornély, Saint Éloi), pour obtenir de bonnes récoltes (Saint Isidore) ou pour demeurer en bonne santé (St Roch, Sainte Genevièvre, Sainte Marguerite). On retrouve aussi à Quistinic le culte des Saints bretons, évangélisateurs (Saint Tugdual, Saint Gwénolé) et bien sûr le culte marial à Locmaria.

Hormis les sept chapelles disséminées dans la campagne, le bourg a la particularité d’accueillir deux édifices religieux côte à côte. L’église Saint Pierre date du XVIIIème siècle, son clocher est classé. ä proximité se dresse la chapelle Saint Mathurin, le bâtiment actuel date du XVIIIème mais une autre chapelle ou un oratoire s’élevait au même endroit dès le XVème.

 

Un riche patrimoine architectural rural

Un sentiment d’harmonie entre nature et activités humaines domine, d’autant plus que le bâti traditionnel occupe une place aussi très importante.

À Quistinic, il y a grande dispersion de l’habitat. Pas moins de cent vingt-cinq lieux-dits ! Il faut se perdre dans ce dédale de hameaux pour découvrir de multiples fermes datées du XVII-XVIIIème bâties en granite et parfois encore coiffées de chaume. Parmi les villages les plus remarquables citons : Le Nistoir, Le Roduic, Goslen, Nevedic, Kerestienne, Kerfec, Locunolé, Coët Organ et Talené.

Un village incarne cette mémoire rurale : Poul-Fetan. Perché depuis le XVIème siècle au dessus de la vallée du Blavet, il offre aujourd’hui aux touristes et aux locaux un merveilleux voyage dans un temps pas si éloigné. La mise en valeur du site par une équipe de bénévoles après le rachat par la mairie en 1977 a permis de sauver le village mais aussi son terroir. C’est aujourd’hui un des lieux les plus importants du tourisme morbihannais intérieur.

Une terre de manoirs

De nombreux manoirs se trouvent aussi sur la commune. Ils ont été édifiés pour la plupart aux XVIème et XVIIème siècles. Le manoir est une maison d’origine seigneuriale, ce n’est pas à proprement parler un château, on pourrait davantage le définir comme la « maison-mère » d’un domaine agricole, la maison du seigneur. Comme ailleurs en Bretagne, ces demeures appartenaient souvent à des hobereaux (petite noblesse).

Les manoirs quistinicois répondent à des standards de l’architecture des manoirs bretons (Kerguénal, Kermoel, Lenioten, Mané Habat, Pratmeur, Guéperno). Cependant, un manoir se distingue des autres par les fastes de son architecture extérieure et de par son escalier remarquable : le manoir de la Villeneuve Jacquelot. Le bâtiment actuel possède encore des traces du donjon du XIIème, même si l’essentiel révèle une architecture élégante du XVIème qui témoigne de l’importance de cette seigneurie.

Manoir de la Villeneuve Jacquelot
Manoir de la Villeneuve Jacquelot

En 2014, le château a été victime d’un incendie qui a détruit une grande partie de la toiture et de la charpente.