Histoire

Des traces de présence humaine anciennes

Un alignement de menhir du côté de Kerbelzic et un dolmen à Noteric sont signalés sur des relevés archéologiques du XIXe siècle, il s’agirait des traces d’occupation humaine les plus anciennes. Différents éléments datant de l’âge du bronze ont été retrouvés dans divers endroits de la commune : le tumulus d’Er Votenn fouillé au XIXe ou encore les tombes du Goslen. Des haches du néolithique ont été aussi mises à jour à Kersager.

Tombe du Goslen
Tombe du Goslen

De l’époque romaine, il reste aussi les traces d’un « camp » gaulois près de Poblaye.

Du Moyen âge à la Révolution

Il semblerait que Quistinic ait été fondé vers le XI-XIIe siècles.

Le site originel de Quistinic
Le site originel de Quistinic

Cette période du Moyen-âge correspond à une forte poussée démographique dans l’Occident chrétien et les hommes défrichent pour mettre en culture de nouvelles terres.

Ici, il s’agirait d’habitants de Bubry qui se seraient installés à proximité du lavoir et de la fontaine, formant le noyau originel du bourg. Une seule chose est certaine : la première mention de Quistinic se trouve dans une charte de Conan IX duc de Bretagne et date de 1160.

Manoir de la Villeneuve Jacquelot
Manoir de la Villeneuve Jacquelot

Du Moyen-âge à la Révolution, plusieurs seigneuries sont présentes sur le territoire. La plus importante d’entre-elles est celle de la Villeneuve-Jacquelot dont la juridiction s’étendait sur vingt-trois paroisses. Son seigneur disposait du droit de basse, moyenne et haute justice.

Des Bleus et des Blancs

La Révolution a été marquée par de fortes tensions entre les Chouans de Cadoudal et les Républicains dans le Morbihan. A partir de 1793, une véritable guérilla sévit dans les campagnes morbihannaises et Quistinic abrite l’un des chefs chouans (Jean-Jean). Ces heurts feront de nombreuses victimes à Quistinic dont Jean-Jean ou encore 3 jeunes royalistes (séminaristes ?) du côté de Locmaria (l’endroit où ils ont été assassinés est toujours visible dans la lande et, selon la légende, la nuit une lumière y scintille. C’est ici aussi que l’on conduisait les enfants qui tardaient à marcher selon une tradition populaire).

Chouans de Pilippe de Broca - © TheMovieDB.org
Chouans de Pilippe de Broca – © TheMovieDB.org

À Quistinic, le clergé qui est réfractaire (refuse la Révolution et surtout la constitution civile du clergé) joue un rôle très important dans l’encadrement de la population ce qui explique les nombreuses interventions des Bleus qui sont chargés de maintenir l’ordre face aux contre-révolutionnaires.

À noter que la commune de Quistinic a servi de cadre pour le film Chouans de Philippe De Broca (notamment le manoir de Villeneuve Jaquelot et le village de Poul-Fetan). Découvrez des images d’archives de ce tournage avec Sophie Marceau et Philippe Noiret à La Jaquelot !

Quistinic à l’époque contemporaine

La Révolution Industrielle a peu impacté la commune. Cependant, Pont-Augan était alors une gare fluviale de première importance. Le bois, la pierre, le charbon (en provenance du Pays de Galles) étaient débarqués des chalands puis étaient acheminés par train vers d’autres destinations de la région. Au début du XXe siècle, une usine de papeterie s’implanta à Pont-Augan à proximité de la chapelle Ste Barbe qui la domine depuis son éperon rocheux.

Collection privée − © Christophe Philippe
Collection privée − © Christophe Philippe

À l’instar des autres communes de France, la Première Guerre Mondiale faucha toute une partie de la jeunesse locale. Le monument aux morts témoigne de cette effroyable boucherie et on y recense 134 victimes. Les familles Cocoual et Le Govic ont particulièrement été éprouvées : elles ont respectivement perdu 4 et 3 de leurs fils.

Monument aux morts de Kerdinam
Monument aux morts de Kerdinam

La Seconde Guerre Mondiale a donné lieu à de nombreux événements dramatiques sur la commune. La Résistance avait établi un hôpital de campagne dans la chapelle du Cloître. Une dénonciation fut à l’origine du drame du 24 juillet 1944, les Allemands encerclèrent la chapelle et massacrèrent les résistants qui s’y trouvaient. Ils prirent ensuite la route de Kerbourden où, après avoir assassiné un jeune Francs-Tireurs Partisans (FTP), ils brûlèrent le village en représailles.

Cette période de la guerre donnera lieu plus précisément à des explications de notre historien local Jean-Pierre Fouillé dans des articles à paraître prochainement.

De la Révolution française à 1946, la population s’est maintenue aux alentours de 2500 habitants. Les « 30 Glorieuses » furent les années du déclin pour Quistinic qui vit sa population fortement diminuer et ce jusqu’au seuil des années 2010. Ce déclin correspond avec « la fin des paysans », ils étaient encore 688 agriculteurs et 119 salariés agricoles en 1954… Une dizaine aujourd’hui. De cette révolution de nos campagnes, Patrick Prado a réalisé un formidable documentaire ayant pour cadre Névédic : Le basculement, un secret bien gardé.